Un chauffeur est pris sur le bord de la route
Les roues tournent dans la boue, l'auto ne bouge pas
Dans sa déroute le chauffeur se doute
Qu'avec toutes ces personnes, peronne ne l'aidera
Il ne tend pas la main
Pour arrêter les gens
Il reste les lèvres pincées
Et ne prononce pas
Au secours
Pour ne pas être abandonné
Je dois rester seul
Et ne rien crier
Un soûlard s'écroule sur le bord du trottoir
Il ne trotte plus, il a trop bu
Il pense que personne ne s'arrêtera pour un buveur
Que les gens ont peur d'attraper son malheur
Il ne tend pas la main
Pour arrêter les gens
Il reste les lèvres pincées
Et ne prononce pas
Au secours
Pour ne pas être abandonné
Je dois rester seul
Et ne rien crier
Dans cette foule de pieds mouvants
Il y a peut-être un passant
Qui s'arrêterait pour cette main tendue
Si elle s'était tendue
(j. gosselin)
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